LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XCIX
Quand je vays par la rue, où tant de peuple abonde
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 99 sur 193·Livre complet →
Quand je vays par la rue, où tant de peuple abonde,
De prestres, de prelats, et de moines aussi,
De banquiers, d’artisans, et n’y voyant, ainsi
Qu’on voit dedans Paris, la femme vagabonde :
Pyrrhe, après le degast de l’universelle onde,
Ses pierres, di-je alors, ne sema point ici :
Et semble proprement avoir ce peuple ci,
Que Dieu n’y ait formé que la moitié du monde.
Car la dame Romaine en gravité marchant,
Comme la conseillere, ou femme du marchand,
Ne s’y pourmene point, et n’y voit-on que celles,
Qui se sont de la Court l’honneste nom donné ;
Dont je crains quelquefois qu’en France retourné,
Autant que j’en verray ne me resemblent telles.