LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XL
Un peu de mer tenoit le grand Dulichien
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 40 sur 193·Livre complet →
Un peu de mer tenoit le grand Dulichien
D’Ithaque séparé : l’Apennin porte-nuë,
Et les monts de Savoye à la teste chenuë
Me tiennent loin de France au bord Ausonien.
Fertile est mon sejour, sterile estoit le sien,
Je ne suis des plus fins, sa finesse est cogneuë :
Les siens gardans son bien attendoient sa venuë
Mais nul en m’attendant ne me garde le mien.
Pallas sa guide estoit, je vays à l’aventure,
Il fut dur au travail, moy tendre de nature :
À la fin il ancra sa navire à son port,
Je ne suis asseuré de retourner en France :
Il fit de ses haineux une belle vengeance,
Pour me venger des miens je ne suis assez fort.