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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XXII

Ores, plus que jamais, me plaist d’aimer la Muse

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 22 sur 193·Livre complet →

Ores, plus que jamais, me plaist d’aimer la Muse.

Soit qu’en François j’escrive, ou langage Romain,

Puis que le jugement d’un Prince tant humain,

De si grande faveur envers les lettres use.

Donq le sacré mestier où ton esprit s’amuse,

Ne sera desormais un exercice vain,

Et le tardif labeur que nous promet ta main,

Desormais pour Francus n’aura plus nulle excuse.

Ce pendant (mon Ronsard) pour tromper mes ennuis,

Et non pour m’enrichir, je suivray, si je puis,

Les plus humbles chansons de ta Muse lassee.

Aussi chascun n’a pas merité que d’un Roy

La liberalité luy face, comme à toy,

Ou son archet doré, ou sa lyre crossee.