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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XXXIV

Comme le marinier, que le cruel orage

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 34 sur 193·Livre complet →

Comme le marinier, que le cruel orage

A long temps agité dessus la haute mer,

Ayant finablement à force de ramer

Garanty son vaisseau du danger du naufrage,

Regarde sur le port, sans plus craindre la rage

Des vagues ny des vents, les ondes escumer :

Et quelqu’autre bien loin, au danger d’abysmer,

En vain tendre les mains vers le front du rivage :

Ainsi (mon cher Morel) sur le port arresté

Tu regardes la mer, et vois en seureté

De mille tourbillons son onde renversee :

Tu la vois jusqu’au ciel s’eslever bien souvent,

Et vois ton Dubellay, à la mercy du vent,

Assis au gouvernail dans une nef percee.