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Livre quatrième

Le Geai paré des plumes du Paon

Fables, Jean de La Fontaine (1668)·Texte intégral, fable 69 sur 245·Livre complet →

Un Paon muait ; un Geai prit son plumage ;

Puis après se l’accommoda ;

Puis parmi d’autres Paons tout fier se panada,

Croyant être un beau personnage.

Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué,

Berné, sifflé, moqué, joué,

Et par messieurs les Paons plumé d’étrange sorte ;

Même vers ses pareils s’étant réfugié,

Il fut par eux mis à la porte.

Il est assez de geais à deux pieds comme lui,

Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui,

Et que l’on nomme plagiaires.

Je m’en tais ; et ne veux leur causer nul ennui :

Ce ne sont pas là mes affaires.