Acte II
Scène I
Le Malade imaginaire, Molière (1673)·Texte intégral, scène 8 sur 30·Livre complet →
Toinette, Cléante
Toinette
Que demandez-vous, Monsieur ?
Cléante
Ce que je demande ?
Toinette
Ah, ah, c’est vous ? Quelle surprise ! Que venez-vous faire céans ?
Cléante
Savoir ma destinée, parler à l’aimable Angélique, consulter les sentiments de son cœur, et lui demander ses résolutions sur ce mariage fatal dont on m’a averti.
Toinette
Oui, mais on ne parle pas comme cela de but en blanc à Angélique : il faut des mystères, et l’on vous a dit l’étroite garde où elle est retenue, qu’on ne la laisse ni sortir, ni parler à personne, et que ce ne fut que la curiosité d’une vieille tante qui nous fit accorder la liberté d’aller à cette comédie qui donna lieu à la naissance de votre passion ; et nous nous sommes bien gardées de parler de cette aventure.
Cléante
Aussi ne viens-je pas ici comme Cléante et sous l’apparence de son amant, mais comme ami de son maître de musique, dont j’ai obtenu le pouvoir de dire qu’il m’envoie à sa place.
Toinette
Voici son père. Retirez-vous un peu, et me laissez lui dire que vous êtes là.