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LE TROISIEME LIVRE DES ODES

ODE XI. A LA FONTAINE BELLERIE.

Les Odes, Pierre de Ronsard (1550)·Texte intégral, poème 73 sur 185·Livre complet →

Escoute un peu Fontaine vive,

En qui j’ay rebeu si souvent

Couché tout plat desur ta rive

Oisif à la fraischeur du vent :

Quand l’Esté mesnager moissonne

Le sein de Cerés dévestu,

Et l’aire par compas resonne

Gemissant sous le bled batu :

Ainsi tousjours puisses-tu estre

En devote religion

Au beuf, et au bouvier champestre

De ta voisine region :

Ainsi tousjours la Lune claire

Voye à mi-nuict au fond d’un val

Les Nymphes pres de ton repaire

A mille bonds mener le bal,

Comme je desire Fonteine,

De plus ne songer boire en toy

L’Esté, lors que la fiévre ameine

La mort despite contre moy.