SUPPLÉMENT
SONNET [1550].
Les Odes, Pierre de Ronsard (1550)·Texte intégral, poème 179 sur 185·Livre complet →
Gentil Ronsard, la mielliere mouche
Dans le nectar de toute fleur élite
Aus prez des Seurs, a ta langue confite
Jusqu’à combler ta regorgeante bouche.
Mémes Phebus sa lire dont il touche
Le los des Dieux, ne t’a pas écondite,
Ains t’enseigna : aussi ta vois écrite
Volle où le jour è se leve è se couche.
O chaste Cœur des muses, vien en France
Par un tel prestre, aiant seure esperance
D’i refonder ta destruite chapelle.
Ne dedaignés Muses, divin troupeau,
Venir ici dresser vôtre coupeau,
Puis qu’Apollon le premier vous apelle.
I. A. BAYF.