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TROISIÈME PARTIE

LETTRE XVII.

Julie ou la Nouvelle Héloïse, Jean-Jacques Rousseau (1761)·Texte intégral, lettre 111 sur 162·Livre complet →

DE MADAME D’ORBE À L’AMANT DE JULIE

Votre amante n’est plus ; mais j’ai retrouvé mon amie, et vous en avez acquis une dont le cœur peut vous rendre beaucoup plus que vous n’avez perdu. Julie est mariée, et digne de rendre heureux l’honnête homme qui vient d’unir son sort au sien. Après tant d’imprudences, rendez grâces au ciel qui vous a sauvés tous deux, elle de l’ignominie, et vous du regret de l’avoir déshonorée. Respectez son nouvel état, ne lui écrivez point, elle vous en prie. Attendez qu’elle vous écrive ; c’est ce qu’elle fera dans peu. Voici le temps où je vais connaître si vous méritez l’estime que j’eus pour vous, et si votre cœur est sensible à une amitié pure et sans intérêt.