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L’ALLÉE

Fêtes galantes, Paul Verlaine (1869)·Texte intégral, poème 3 sur 19·Livre complet →

Fardée et peinte comme au temps des bergeries,

Frêle parmi les nœuds énormes de rubans,

Elle passe, sous les ramures assombries,

Dans l’allée où verdit la mousse des vieux bancs,

Avec mille façons et mille afféteries

Qu’on garde d’ordinaire aux perruches chéries.

Sa longue robe à queue est bleue, et l’éventail

Qu’elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues

S’égaie en des sujets érotiques, si vagues

Qu’elle sourit, tout en rêvant, à maint détail.

— Blonde en somme. Le nez mignon avec la bouche

Incarnadine, grasse, et divine d’orgueil

Inconscient. — D’ailleurs plus fine que la mouche

Qui ravive l’éclat un peu niais de l’œil.