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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · LIX

Tu ne me vois jamais (Pierre) que tu ne die

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 59 sur 193·Livre complet →

Tu ne me vois jamais (Pierre) que tu ne die

Que j’estudie trop, que je face l’amour,

Et que d’avoir tousjours ces livres à l’entour,

Rend les yeux esblouis, et la teste estourdie.

Mais tu ne l’entens pas : car ceste maladie

Ne me vient du trop lire, ou du trop long sejour,

Ains de voir le bureau qui se tient chacun jour :

C’est, Pierre mon ami, le livre où j’estudie.

Ne m’en parle donc plus, autant que tu as cher

De me donner plaisir, et de ne me fascher :

Mais bien en ce pendant que d’une main habile

Tu me laves la barbe, et me tonds les cheveux,

Pour me desennuyer, conte moy si tu veux

Des nouvelles du Pape, et du bruit de la ville.