LE SECOND LIVRE DES ODES
ODE X.
Les Odes, Pierre de Ronsard (1550)·Texte intégral, ode 32 sur 185·Livre complet →
Les trois Parques à ta naissance
T’avoient ottroyé le pouvoir
De ne mourir, ains que de France
Le dernier bord tu peusses voir.
Or’ pour la fin de tes journées
Ton dernier voyage restoit
Icy dessous les Pirenées,
Où l’arrest de ta mort estoit.
Toy morte, donc que la Bretaigne
Ta mere, ne se vante pas
De haquenée qui attaigne
Ta course, ton amble, ton pas :
Ne moins les sablonneuses plaines
De la chaude Afrique, où souvent
Les jumens (miracle) sont pleines
Se mariant aveq’ le vent.