LE SECOND LIVRE DES ODES
ODE XI.
Les Odes, Pierre de Ronsard (1550)·Texte intégral, ode 33 sur 185·Livre complet →
Refraischy moy le vin de sorte
Qu’il soit aussi froid qu’un glaçon :
Fay venir Janne, qu’elle apporte
Son luth pour dire une chanson :
Nous ballerons tous trois au son :
Et dy à Barbe qu’elle vienne
Les cheveux tors à la façon
D’une follastre Italienne.
Ne vois-tu que le jour se passe ?
Je ne vy point au lendemain :
Page, reverse dans ma tasse,
Remply moy ce verre tout plain.
Maudit soit qui languit en vain :
Les Philosophes je n’appreuve :
Le cerveau n’est jamais bien sain,
Que l’Amour et le vin abreuve.