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PREMIÈRE PARTIE.

RÉPONSE.

Julie ou la Nouvelle Héloïse, Jean-Jacques Rousseau (1761)·Texte intégral, chapitre 43 sur 162·Livre complet →

J’ai manqué de mémoire et toi de confiance, ma chère enfant : nous avons eu grand tort toutes deux, mais le mien est impardonnable. Je tâcherai du moins de le réparer. Babi, qui te porte cette lettre, est chargée de pourvoir au plus pressé. Elle retournera demain matin pour t’aider à congédier ce monsieur, s’il revient ; et l’après-dînée nous irons te voir, ma cousine et moi ; car je sais que tu ne peux pas quitter ton pauvre père, et je veux connaître par moi-même l’état de ton petit ménage.

Quant à Claude Anet, n’en sois point en peine : mon père est absent ; mais, en attendant son retour, on fera ce qu’on pourra ; et tu peux compter que je n’oublierai ni toi ni ce brave garçon. Adieu, mon enfant : que le bon Dieu te console ! Tu as bien fait de n’avoir pas recours à la bourse publique ; c’est ce qu’il ne faut jamais faire tant qu’il reste quelque chose dans celle des bonnes gens.